LES DIFFÉRENTS EXAMENS

RADIOGRAPHIE
La radiographie découverte voici plus d’un siècle par Wilhem Conrad ROENTGEN garde actuellement (malgré les derniers progrès tels que le Scanner, l'échographie Doppler couleur ou l'I.R.M) un intérêt diagnostique de premier plan dans beaucoup de domaines de la médecine.

Comment une radiographie est-elle faite ?
Les rayons X sont de la même famille physique que les rayons lumineux.
Ils permettent donc d'impressionner un film radiographique ( comparable au film photographique qui est impressionné par la lumière). La différence fondamentale est que les rayons X peuvent traverser la matière. Le film radiographique sera plus ou moins noirci en fonction de l'organe traversé. Ainsi les structures osseuses apparaissent en blanc et les structures aériques ( poumons ) apparaissent en noir sur les films radiographiques.

Les radiographies sont-elles dangereuses ?
Non, si elles sont pratiquées par des radiologues qualifiés qui connaissent parfaitement les contre-indications à l'utilisation des appareils.
Les quantités de rayons délivrées aux cours d'un examen radiologique standard sont équivalentes aux rayonnements naturels auxquels toute personne est exposée dans sa vie ( montagne, voyage en avion, etc. ...).

Radio-exposition : Des chiffres à retenir

1 cliché pulmonaire = 1 voyage de 4 heures en avion.

Radioactivité naturelle = 24 clichés pulmonaires annuels.


Les performances de la radiologie standard sont améliorées par l'utilisation de produits de contraste :
- Iode : UIV ( radiographies des reins ).
Hystérographie (utérus)
Arthrographie ( épaule, genou, cheville, poignet ...)
Scanner (cerveau, poumon, foie, abdomen, pelvis....)
-
Baryte : Transit oeso-gastro-duodénal
Transit du grêle
Lavement baryté ( étude du colon)

La dernière évolution de la radiographie standard : la numérisation.
- permettant de diminuer encore les doses de rayons X utilisés
- et d'obtenir des images de qualité parfaite pouvant être étudiées par traitement informatique.
- d'où avantage : transmission des données et des images à distance ( via Internet par exemple ), suppression à terme des films radiologiques dans un avenir plus ou moins proche.

ÉCHOGRAPHIE
L'échographie, technique d'imagerie médicale encore récente est apparue il y a une vingtaine d'années et tient une place importante au côté de la radiographie conventionnelle , du scanner et de l'I.R.M, dans le cadre du diagnostic.

D'un point de vue théorique, elle utilise un faisceau d'ondes ultrasonores, d'une fréquence adaptée (2,5 à 12 Mhz), qui sera plus ou moins réfléchi selon les structures organiques rencontrées.

Sur le plan pratique, on promène une sonde sur la région à examiner après avoir appliqué sur la peau un gel qui permet de supprimer la présence d'air entre la sonde et la peau (l'air empêche la transmission des ultrasons). L'examen dure 15 à 30 mm.

L'échographie permet d'explorer toutes sortes d'organes qu'ils soient superficiels (thyroïde, sein, muscle, articulation) ou profonds (foie, vésicule biliaire, pancréas , rein, vessie ... mais aussi fœtus).

Elle permet souvent un diagnostic rapide de maladie qui nécessitait auparavant des méthodes d'investigations plus lourdes ou moins précises ( calcul vésiculaire, tumeur hépatique, rénale, malformations fœtales).

On entrevoit ainsi les multiples avantages qu'offre cette technique : simplicité et rapidité d'exécution, innocuité totale du fait de son caractère non invasif : pas d'injection ni de ponction mais aussi et surtout en l'absence de rayonnement ionisant, il est possible de reproduire ces examens aussi souvent que nécessaire sans aucun risque.

Les inconvénients sont rares et on parlera plutôt des limites de l'examen : il existe des gens plus ou moins photogéniques, il en est de même pour l'échographie, il n'est pas toujours possible. d'obtenir des images de grande qualité dans certaines circonstances.

L'échographie a déjà bénéficié de nombreux progrès depuis sa découverte; par exemple, couplée aux techniques DOPPLER (utilisant aussi des ultrasons) il est possible d'étudier les flux sanguins dans les artères et les veines, dans les organes ou dans les tumeurs, sous forme spectral et/ou sous forme chromatique ( les flux sont colorés différemment à l'écran, selon leur intensité et leur direction.

SCANNER
La Tomodensitométrie (TDM) ou Scanner est un tube à rayon X qui tourne autour du patient. Le film est remplacé par des capteurs numériques et l'image est reconstruite par ordinateur.
Des coupes sériées sont obtenues réalisant pratiquement des coupes anatomiques du corps humain.
Depuis 1975, plusieurs générations techniques de scanner se sont succédées.
Les scanner de dernière génération sont dits à rotation continue . Cette rotation continue du statif permet l'obtention de très nombreuses coupes dans des délais raccourcis. La quantité de données lentes numériques obtenue, associée à des ordinateurs puissants permet des reconstructions multiplanaires et même tridimensionnelles.
De plus , lorsqu'on utilise un produit de contraste iodé, les coupes sont réalisées selon un mode hélicoïdal permettant une réduction des doses de contraste et une opacification pratiquement visible sur toutes les coupes.
C'est en 1975, que la firme Anglaise EMI en collaboration avec le
Docteur HOUNSFIELD , propose le premier scanner à rayon X.
Une grande partie des bénéfices a pu être réinvestie dans la recherche et le développement du scanner X.
Très rapidement cette nouvelle méthode radiologique s'impose en neuroradiologie. Elle remplace petit à petit des examens coûteux et dangereux ( encéphalographie, etc. ...).
L'apparition de l’IRM n'a pas fait diminuer l'intérêt diagnostique du scanner notamment avec les scanner de dernière génération. Son apport diagnostique est primordial dans :
- les pathologies abdominales : foie, reins, surveillances post-opératoires.
- les mesures orthopédiques : genoux, bassins
- Les pelvimétries : avant les accouchements.
- Les nouvelles techniques d'endoscopie virtuelle.
ANGIOGRAPHIE
L'angiographie est une technique qui consiste à opacifier les vaisseaux par un produit de contraste radio-opaque injecté au moyen d'un cathéter (les vaisseaux ne sont pas spontanément visibles).
Le cathéter est introduit dans le vaisseau de manière aseptique, sous anesthésie locale.
L'injection de produit peut entraîner une sensation de chaleur momentanée disparaissant très rapidement.
Le patient doit impérativement maintenir une bonne apnée (comme pour tout examen radiologique) lors de la prise des clichés (une dizaine de secondes).
L'examen est indolore.
Les appareils d'angiographie actuels bénéficient d'un couplage avec un ordinateur afin d'obtenir de meilleures images : c'est le principe de la soustraction digitale (
angiographie numérisée).

Il est actuellement possible de réaliser de petites interventions chirurgicales par le biais des cathéters introduits dans les vaisseaux :
- injection de produits spéciaux afin de boucher certains vaisseaux tumoraux : c'est le principe de l'embolisation.
Ces produits peuvent être couplés ou non à des drogues (
chimio-embolisation)
- dilatation des artères rétrécies afin de rétablir une circulation sanguine satisfaisante au moyen de ballons particuliers (
angioplastie transluminale)
- pose de prothèse afin d'éviter la re-sténose des vaisseaux dilatés (
stent)
- pose de pompe spéciale permettant d'injecter des drogues par voie artérielle ou veineuse (
pompe à chimiothérapie) ou d'effectuer des prélèvements itératifs chez des patients présentant un état veineux fragile.

L'angiographie permet donc de visualiser les vaisseaux (sténose, dilatation, aspect irrégulier) et les tumeurs hypervascularisées : c'est le rôle de l'angiographie diagnostique qui pour certaines indications est supplantée par des examens non invasifs tel que le scanner ou l'IRM (visualisation des vaisseaux à destinée encéphalique et les vaisseaux intracrâniens).
L'angiographie interventionnelle garde par contre tout son intérêt et ses applications ne cesseront probablement pas de se développer.

IRM
L'IRM ou Imagerie par Résonance Magnétique Nucléaire est une technique non invasive, d'une totale innocuité, basée sur le principe de la résonance des atomes de certaines molécules (en imagerie diagnostique : l'hydrogène) sous l'action de certaines ondes de radiofréquences.

L'appareil est constitué d'un tunnel formé d'un aimant très puissant (0,1 à 1,5 Tesla) entourant le lit d'examen sur lequel s'allonge le patient.
Des antennes spécifiques y sont connectées.
Certaines émettent une onde radiofréquence qui excite ou stimule les noyaux d'hydrogène contenus dans l'eau composant nos cellules (près de 80% du poids corporel est constitué d'eau).
Après arrêt de la stimulation (qui dure à peine quelques millisecondes) les atomes d'hydrogène restituent cette énergie qui se dissipe dans différents plans de l'espace sous l'action du champ magnétique de l'aimant.

L'énergie est alors captée par d'autres antennes dites antennes réceptrices puis analysée par un puissant ordinateur qui construit alors une véritable carte énergétique de la partie du corps étudiée.
Suivant la composante en eau des tissus analysés, leurs vascularisations et leurs pathologies éventuelles, les images seront différentes et l'ordinateur réalise des images en noir et blanc d'une très grande sensibilité et très précieuses pour le diagnostic, notamment en matière de pathologie tumorale ou infectieuse.
Il est ainsi possible de réaliser des coupes dans tous les plans de l'espace et ce de pratiquement n'importe quelle partie du corps humain comme si l'on effectuait une étude à ciel ouvert sans bien entendu toucher le malade.
L'onde radiofréquence est d'une totale innocuité, parfaitement indolore et le patient ne ressent absolument rien.

L'inconvénient majeur réside dans le fait que le patient doit respecter une stricte immobilité pendant toute la durée de l'examen (environ une quinzaine de minutes) et que par ailleurs le fait d'être enfermé dans un tunnel est parfois difficile à supporter pour certaines personnes en particulier les claustrophobes.

Du fait du champ magnétique puissant pouvant déplacer les objets dits ferromagnétiques, il existe certaines contre-indications : les valves cardiaques artificielles métalliques, les stimulateurs cardiaques, certains clips cérébraux ou certaines prothèses ou objets métalliques.
Il va de soi que tous les objets métalliques ou magnétiques doivent être déposés à l'extérieure de la salle d'examen (clefs, pièces de monnaie, carte bancaire ...)Cette dernière est par ailleurs protégée (on dit blindée) par une protection spécifique (cage de Faraday) qui la met à l'abri des perturbations ou pollutions magnétiques extérieures (émission d'ondes CB, etc ...)

Dans certains cas, notamment en pathologie tumorale ou infectieuse une injection intraveineuse de produit de contraste peut être réalisée, ayant pour effet d'améliorer la visibilité de certaines images (on dit prise de contraste).
Les indications de l'IRM sont multiples et ne cessent de se développer citons l'exploration :
- du système nerveux central (cerveau, moelle épinière)
- du rachis (recherche d'une hernie discale, pathologie traumatique ...)
- pathologies ostéo-articulaires (exploration de la plupart des articulations : épaules, coudes, poignets, hanches, genoux, chevilles).
- pathologies génito-urinaires (tumeur des voies urinaires, des reins, des ovaires, de l'utérus, de la prostate, du sein ..)
- pathologies digestives (exploration du foie, du pancréas, des voies biliaires...)
- des artères (étude des vaisseaux du cou, du cerveau, des membres, de l'abdomen, du thorax)
- pathologies thoraciques (le médiastin).