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Mardi 20 Août 2002

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Ils sont importés à coups de devises fortes et souvent en panne
Scanners : La grande arnaque

Les sociétés européennes et américaines, qui ont importé plus de 100 scanners en Algérie, durant les années 90, se sont engagées à assurer un service après-vente et un contrôle réguliers. Dix ans après, la moitié du parc est hors d’usage. Nos hôpitaux en paient les frais. Nos malades aussi.


Ils “vivent” à la frontière algéro-marocaine
Les Africains de l’oued Djordji

Ils viennent du Mali et de la Guinée pour la plupart.
Ils n’ont qu’une seule idée en tête : rejoindre Ceuta puis l’Europe. En attendant, ils essaient de survivre dans des bidonvilles au bord de l’oued, mais à quelques kilomètres seulement de leur première frontière.


Un dispositif important quadrille la ville
Zéralda sous haute surveillance

 


Il sera célébré sous le signe de la prudence
Un 20 Août sans fanfare à Ifri-Ouzellaguène
De notre envoyé spécial : Mustapha Benfodil

Si le 20 Août 2001 avait été une grosse démonstration de force, l’événement sera célébré plutôt timidement cet été. La donne a changé depuis que le “consensus archs” s’est fissuré.

Ighzer Amokrane. 60 km de Béjaïa. Nous sommes à J-1 de la commémoration du 46e anniversaire de la tenue du Congrès de La Soummam. Un événement très attendu. Pour cause : les animateurs du mouvement de Kabylie entendent marquer, une nouvelle fois, à leur façon, cette date-symbole par une énième action-spectacle. Que l’on se rappelle les plus d’un million de marcheurs drainés par “l’appel d’Ifri” le 20 Août 2001, une démonstration de force grandiose. Mais d’emblée, il nous paraît évident que le “show” de l’été dernier ne va guère être réédité.
À cet effet, dès notre arrivée en cette matinée de 19 août, et à peine ayant sondé quelques voix ici et là pour voir si quelque chose de particulier se mijotait, force nous a été donnée de constater que le cœur n’est plus aux parades musclées et autres manifs tonitruantes. La voix de la… lassitude (de la sagesse si vous préférez) semble l’avoir remporté. Les gens sont dans l’expectative. Une chose est sûre : le “consensus archs” s’est brisé.
“Alors, que va-t-il se passer demain ?”, demandent sans cesse les uns aux autres. Sentiment de ras-le-bol. Horizon bouché.
Pourrissement. Nous cherchons quelque “voix autorisée” à même d’éclairer un peu plus notre lanterne. Virée à la mairie. Un monument à la gloire des “martyrs du Printemps noir” a été érigé, avec de belles sépultures de marbre gravées de mots ciselés. Le maire, M. OudaÏ Mohand-Arezki, est débordé. Bref entretien au pied levé dans le hall de l’APC. Il précisera d’emblée que “la cérémonie de commémoration du 20 Août se déroulera dans le calme et la sérénité”. Comprendre : pas de marche. “Nous voulons, dit-il, mettre cet événement à l’abri de toute manipulation politique. Nous tenons à éviter toute confrontation entre les uns et les autres. Le Congrès de La Soummam appartient à tous les Algériens et celui qui veut venir, marhba bih !”
Au programme, un cérémonial des plus sobres avec un recueillement en deux temps : au Carré des martyrs et à celui des victimes des évènements. À part cela, pas un geste de plus, même pas un speech ! Pourtant, les meneurs des archs avaient parlé de la tenue d’une veillée spéciale ainsi que d’un meeting auquel prendraient part des figures médiatiques du mouvement.
Il se trouve que la coordination des villages d’Ifri-Ouzellaguène s’est opposée à toute surenchère dans le “protocole” de célébration de la journée du 20 Août. “L’an dernier, pendant toute une semaine, la population d’Ighzer Amokrane se tenait le ventre en se disant mais qu’est-ce qu’ils vont encore faire ? Y aura-t-il encore des morts, encore de la casse ?”, témoigne Mouloud, travailleur à l’usine de l’eau minérale d’Ifri et membre de la coordination des villages d’Ouzellaguène. Un propriétaire d’un café abonde dans le même sens : “Nous avons eu une année catastrophique. Barakat !”
Pour Mouloud, l’événement de la célébration du congrès d’Ifri et la jonction entre la plate-forme de La Soummam est celle d’El-Kseur — comme ont souhaité le faire les idéologues du mouvement — ne devrait pas faire du territoire de la commune un champ de bataille et un terrain de confrontation ouvert entre les tendances qui se précisent au sein du mouvement, particulièrement depuis l’annonce-surprise du FFS de participer aux municipales de 10 octobre prochain. Sur les vitrines des cafés, librairies et autres façades de la ville, on peut voir placardé un appel au calme lancé par la coordination des villages d’Ouzellaguène. “Aujourd’hui et à la veille de la commémoration de cette date historique du 20 Août 56, nous, les comités de villages d’Ouzellaguène, garants du serment prêté par nos martyrs, de 1954-1962 et du Printemps noir 2001, réunis pour la célébration de cette journée hautement symbolique, appelons après analyse profonde de la situation, au niveau de la commune, les Algériens et les Algériennes à une célébration éminemment commémorative dans la dignité et la sérénité loin de toute logique politique et luttes claniques afin de préserver et de ne pas trahir l’esprit d’Ifri”, lit-on dans la déclaration
Et de chuter : “La coordination des comités de villages d’Ouzellaguène se démarque de toute action menant à la dérive et met en garde les concepteurs des situations conflictuelles et douteuses”.
À souligner qu’en vertu du principe de “l’organisation horizontale” du mouvement, les comités de villages sont parfaitement en droit d’observer une ligne de conduite propre. Ainsi, sur la question ô combien épineuse de la participation ou non à la prochaine consultation électorale, la coordination des villages d’Ouzellaguène a opté pour le respect du libre arbitre des citoyens. “Nous sommes catégoriquement contre le recours à la violence pour intimider les candidats ou empêcher les électeurs de se rendre aux bureaux de vote”, dit Mouloud, délégué du village d’Issegane.
Pourtant, aux législatives du 30 mai, les bureaux de vote n’ont même pas ouvert. Il faut dire que la donne a changé maintenant que le FFS se présente.
Cela se fait sentir d’une bien pressante manière, ici à Ighzer Amokrane où le parti d’Aït Ahmed semble avoir une confortable assise populaire. D’ailleurs, jusqu’à l’heure, et hormis une incertaine et circonspecte liste FLN, le FFS est la seule formation politique à présenter une liste, même si celle-ci n’en finit pas d’être fignolée tant elle suscite des réserves.
Il convient de noter, par ailleurs, qu’il y a une forte interpellation à l’endroit des archs pour s’expliquer sur l’avenir des communes kabyles à partir du 11 octobre si les communales venaient à capoter. “Qui va-t-on nous ramener des DEC ? Vous voyez un valet de l’administration servir sa commune mieux qu’un élu ? Les députés, on s’en foutait car ils sont loin. Mais les maires, il y va de la gestion de notre quotidien”, disent-ils.

M. B.